4jan2008
Classé sous: Revue de presse
Auteur: admin
Lycos Actualité Vendredi 4 janvier 2008
A Lyon, le Café 203 se proclame “café fumeur”
“Je me considère comme un résistant en temps de paix”, affirme Christophe Cedat, patron du Café 203, haut-lieu de convivialité de Lyon. En effet, fi de la loi sur le tabac dans les lieux publics qui proscrit la cigarette dans les “lieux de convivialité” (bars, restaurants, discothèques) depuis le 1er janvier 2008 et malgré les 750 euros d’amende encourus pour incitation à l’infraction, les cendriers sont toujours en place dans le Café 203, déclaré “café fumeur” par son propriétaire. Les fumeurs pris sur le fait par la police, eux, n’auront pas à débourser l’amende : le cafetier s’engage en effet à payer toutes les amendes qui seraient infligées dans son bar.
Au-delà de la bravade contre cette “Loi de santé publique”, c’est un “acte de déliquance artistique” que le Café 203 propose de faire. Les cendriers fumants sont accompagnés d’un petit mot : “Fumeurs, vous participez à un acte de délinquance qui peut aussi être considéré comme une oeuvre artistique. Vous laissez l’empreinte de votre dépendance au tabac, qui sera fixée à jamais”.En effet, à 41 ans, Christophe Cedat est aussi un artiste photographe, connu à Lyon pour son implication artistique et sociale et son esprit non-conformiste. les mégots laissés dans le cendrier sont photographiés dans leur disposition originelle, et deviennent des “images d’art” exposés sur tous les supports : tableaux à tendance pop-art ou Warrholienne, sets de tables, fonds de cendriers… L’artiste en a déjà photographié plus de 7000, et il a créé plus de 800 fonds de cendrier décorés de mégots écrasés.Pour expliquer sa démarche, le Café 203 parle de de “devoir de résistance”, et souhaite préserver ce qu’il pense être “le dernier espace de liberté en France”. Et pour financer cela, il a trouvé une solution : vendre sur Internet ses cendriers artistiques à 20 euros pièce, et 200 euros pour ceux qui auront été l’objet d’une infraction.
De son côté, la Préfecture de police se contente d’affirmer que “la Loi s’appliquera partout, et les contrevenants seront sanctionnés des amendes et éventuelles fermetures administratives prévues par celle-ci.”
A cela, Christophe Cebat a sa réponse : “Ce ne sera pas une fermeture, ce sera de la censure!” Par Olivier Mignot
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