Samedi, c’était journée sans tabac au Café 203, qui reste ostensiblement fumeur. Malgré le décret antitabac applicable depuis le 1er janvier, Christophe Cédat, patron du bar, autorise ses clients à fumer dans son petit établissement du 1er arrondissement, excepté les jours où les serveurs non-fumeurs travaillent. « Je suis résistant, mais pas stupide », affirme ce tenancier insurgé, pour qui cette pause dans le tabagisme est une question de « respect des employés ». Et sans doute aussi une façon de brouiller les pistes chez les policiers qui ont procédé vendredi dernier à une visite de ce lieu fortement médiatisé depuis le début de l’année.
Première descente de police dans un Café 203 enfumé… et première contravention en France. Elle a été délivrée à Hakim Jallane, accoudé au bar et tirant tranquillement sur sa cigarette au moment de son interpellation. « L’amende de 68 euros va être payée par Christophe », a déclaré le client, rassuré. Artiste autoproclamé, le patron considère en effet que chaque fumeur participe dans son bar à une grande performance. Depuis le 1er janvier, il photographie ainsi les mégots écrasés et les imprime sur des cendriers, qui seront vendus à 20 euros l’unité dès demain sur son blog*. Mille cendriers ont déjà été fabriqués, et celui qu’a utilisé Hakim a été mis aux enchères. « Cela permettra de payer les amendes », raconte Christophe, pour qui l’opération n’a rien de commercial : « C’est de la résistance citoyenne et artistique, et elle ne s’arrêtera pas de sitôt. »
Dalya Daoud - ©2008 20 minutes
20 Minutes, éditions du 07/01/2008 - 07h10
Le blog est en cours de construction. Merci de votre patience.
Laisser une réponse