Vendredi, 18 heures. Le café 203, dans le 1er arrondissement de Lyon, est plein… de fumeurs en action. Ambiance enfumée habituelle depuis que ce bar lyonnais a décidé de ne pas respecter la loi sur l’interdiction de la cigarette (lire Libé du 31/12 et du 2/01). Jusqu’ici, personne n’avait été inquiété malgré l’hyper-médiatisation du petit café entré en résistance. Mais, vendredi soir, deux camionnettes de CRS se sont garées devant le bar, des policiers en civils sont entrés…
Ils se sont adressés à un client pris en flagrant délit de clope au bec. Lui ont demandé ses papiers et lui ont dressé une contravention de 68 euros. Aux autres, ils ont demandé d’éteindre leur cigarette. Et ont expliqué au patron, Christophe Cédat, qu’il recevrait lui-aussi dans les jours qui viennent une contravention du tribunal de police. Le tenancier est en infraction non seulement pour laisser des personnes fumer dans son établissement mais également pour inciter à la commission de cette infraction en laissant des cendriers sur les tables. Il risque en principe 135 euros d’amende pour le fumeur repéré et 750 euros pour l’incitation. Il s’est également engagé à payer la contravention de son client. Comme on met une tournée : « Allez, c’est la mienne, celle-là, c’est normal », dit-il en prenant le papier.
Devant le bar, Hakim, le fumeur mis à l’amende, s’en re-grille une. Il est un peu énervé d’avoir été le seul sur qui les policiers ont jeté leur dévolu. Le policier qui l’a verbalisé dit ne pas avoir remarqué que plein d’autres clients fumaient.
A.Gd.
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