Christophe CEDAT

cedat.jpg

Christophe Cédat : Rebelle mais consensuel

Par Pierre Morel, vendredi 21 décembre 2007 à 08:37

Dix ans déjà que Christophe Cédat a ouvert le café 203. Une institution lyonnaise qui doit sa renommée à l’esprit d’initiatives de son fondateur…

Bonjour. Merci. Au revoir“. Pour Christophe Cédat, la vie a changé mais les mots sont restés les mêmes. En 1997, après dix ans passés au péage d’autoroute de Saint-Quentin-Fallavier, il décide de réaliser son rêve, ouvrir un “cabaret culturel”. Faute de moyens et d’expériences, c’est finalement sur un café que le rideau se lève. Le “café 203″. Dix autres années d’une vie au cours desquelles Christophe s’est efforcé de mener à bien toutes ses initiatives. Aussi diverses et variées qu’elles soient, les démarches du taulier ont toujours eu pour but de satisfaire ses curiosités et d’étancher sa soif de communiquer. Sa mégalomanie, confortée par la réussite financière du “203″, l’a amené à ouvrir en 2000, le café “100 tabac”. Le tout premier café non-fumeur en France. “Et il ne compte pas s’arrêter là, explique sa femme, il compte faire du café 203, le dernier café fumeur de France. Et croyez moi, quand il a une idée en tête…”. Autres faits d’armes de Christophe, les expo-mobiles, ou comment transformer une Peugeot 203 en un espace d’expression pour des grapheurs bridés par les autorités. Les vindicatives lettres ouvertes sous forme d’affiches de deux mètres sur trois font aussi parties des pièces à convictions du dossier Christophe Cédat. Dossier plus communément intitulé : “Délit d’opinion”.

Revendiquant son besoin de reconnaissance, prônant une certaine forme de désobéissance civique, à 40 ans, Christophe Cédat aime flirter avec les limites de la légalité. Un brin provocateur, ce patron a toujours aimé tirailler la loi pour mieux s’en émanciper. Pas besoin de s’éterniser pour s’en rendre compte. Alors que notre entretien a démarré depuis quelques minutes, il se lève précipitamment. Un véhicule de police municipale (”la milicipale” comme il aime à l’appeler) vient de s’arrêter devant la porte de son établissement. Rapidement le ton monte. En cause, un panneau de signalisation “Made in Cédat” que Christophe a imaginé pour inciter les automobilistes à réduire leur vitesse. “Ils exigent que j’enlève ce panneau simplement parce qu’il n’a aucune valeur légale. Les policiers sont censés apaiser. Mais en étant prisonnier de la loi ils ne font qu’aggraver la situation. A chaque fois que je suis confronté à des situations pareilles, ça me conforte dans mon combat politique”, s’agace- t-il encore tendu par son examen surprise du code de la route. Son attrait pour la politique et ce combat qu’il mène est inscrit dans ses gènes. De son vivant, le père de Christophe était un féru militant du RPR. Quant au fils, c’est sans étiquette, lors des législatives de 2002, qu’il a tenté de faire son entrée sur la scène politique. Une candidature que l’intéressé juge aujourd’hui complètement dépassée à la lecture de ses professions de foi de l’époque. ” Tous engagés dans la même direction, nous saurons comprendre et résoudre les problèmes. Avec le recul je me dis que c’était vraiment ringard au possible “, s’amuse t-il. C’est aussi ça Christophe Cédat. Un homme qui sait rire de lui-même et se remettre en question. Son soutien à Nicolas Sarkozy lors des dernières élections présidentielles, il ne s’en cache pas. Pas même au sein de son établissement. Conscient que le “203″ est particulièrement fréquenté par une clientèle de gauche, il a souhaité privilégier le calme à la tempête. Comment ? En placardant au mur de son commerce une affiche représentant les présidents de la République française depuis 1848. Excès de populisme ou réelle ouverture d’esprit ? Les habitués du café 203, à n’en pas douter, ont leur avis sur la question. Mais l’initiative a, encore une fois, le mérite d’exister.

De ces dix ans passés aux péages des autoroutes, il a beaucoup appris. Emu ou peut être nostalgique, le sentiment qui anime Christophe lorsqu’il évoque ces années est difficile à cerner. Il se souvient de son poste de travail comme d’un vrai laboratoire sociologique. “J’avais comme l’impression d’être au mitard et que le monde entier tournait autour de moi. J’avais réussi à trouver de l’humanité dans le regard de chacun” raconte-t-il, semblant ne pas croire lui-même à ce qu’il raconte. Il dit aussi avoir acquis un sens de la répartie qu’il n’avait pas avant : “Lorsque vous n’avez que quelques secondes pour désamorcer des tensions accumulées durant plusieurs heures par des automobilistes bloqués dans les embouteillages, il faut avoir la bonne parole au bon moment, sinon ça peut dégénérer très vite”. Une expérience qui lui a permis de gérer au mieux des clients accoudés au zinc depuis de trop nombreuses heures. Son téléphone (qui n’a rien d’un téléphone mais tout d’un ordinateur) sonne à plusieurs reprises. Agacé : “Je sais pas à quoi ça sert d’avoir un portable pareil quand on ne sait même pas décrocher”. Il dit être souvent dérangé en ce moment. Un autre projet en vue Monsieur Cédat ? La réponse ne se fait pas attendre. “Je suis en train d’organiser une réunion politique unique en son genre. Un meeting sonore. L’objectif sera d’allier musique et politique”. Avant notre entretien, nombreux étaient les clients à affirmer que l’ennui n’avait pas sa place au café 203. On commence à comprendre.

Pierre MOREL

2 Responses à “Christophe CEDAT”

  1. Murat Oguz
    janvier 12th, 2008 à 2:17

    Gentlemen:
    I am a smoker and a believer in a libertarian free society. I would like to sincerely congratulate Mr. Christophe Cedat of Cafe 203 in Lyon for his brave and responsible behaviour. This smoking ban in many countries is the same as forbidding Roman Catholicism in communist occupied China or forbidding religion all together in communist Albania. It is the same as the Nazi’s forbidding marriages between aryans and Jews, it is like forbidding to talk in communist Russia, or like forbidding negroes freedom. Anyone who reads this, please forward it to Mr. Cedat, because I couldn’t find his e-mail address.
    Thank you,
    Murat Oguz
    de_la_murat@yahoo.fr

  2. ESSIQUE
    janvier 18th, 2008 à 13:05

    Je ne suis pas fumeur, mais j’apprécie le point de vue de M. Sedat. L’état réalise trop de lois, et ne prend pas en compte l’avis de professionnels qui peuvent proposer des solutions alternatives. Trop de lois tuent la liberté individuelle, il est heureux qu’il y ait des personnes qui portent ce drapeau.

Laisser une réponse

Bienvenue sur cafe203.com

Le blog est en cours de construction. Merci de votre patience.

Fluxphoto Flickr

    flickrRSS probably needs to be setup

Publicités